Claude TEYSSIER (1940-2019)

Né à Paris en 1940, Claude Teyssier grandit dans l’ombre de la guerre : son père ne revint jamais d’un camp de travail allemand. Cette absence marqua durablement sa vie et son œuvre. Par sa lignée maternelle, il se rattache à une femme autochtone de la nation crie, héritage qui nourrit sa fascination constante pour les cultures premières à travers le monde.

Avec son frère Fernand Teyssier, également artiste autodidacte, il commence à peindre et à dessiner dans le Paris de l’après-guerre. Plongé dans l’effervescence créative des années 1960, il fréquente poètes, peintres et performeurs. Avec plusieurs amis, il coécrit et illustre La Rue Tourne (1961), ouvrage préfacé par le poète surréaliste Philippe Soupault.

Dans les années 1980, Teyssier s’installe à Londres, où il partage sa vie entre création et travail manuel — peignant le jour, restaurant des bâtiments la nuit. À cette époque, il rencontre Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, qui l’encouragent et collectionnent ses masques peints. Invité par Tinguely, il séjourne à Bâle et s’imprègne de la culture carnavalesque de la ville.

En 1986, il émigre en Australie. Entre Sydney et Bowraville, il aménage un modeste atelier et poursuit ses recherches sur la lumière, les masques et la couleur. Sa période australienne voit naître de vibrantes peintures sur papier journal, où paysages et formes animales se fondent en compositions sauvages, à la lisière de l’abstraction : une danse de la couleur, de la lumière et de la mémoire.