Joseph TERDJAN (1924-2001)

Né en 1924 à İskenderun, alors dans le sandjak d’Alexandrette, Joseph Terdjan est un peintre libanais d’origine arménienne dont le parcours traverse l’Orient méditerranéen et le Paris de l’après-guerre. Initié très tôt au dessin de manière autodidacte, son père l’inscrit alors à des cours artistiques par correspondance lorsqu’il a quinze ans. Cette formation précoce nourrit chez lui une discipline rare et une vocation déjà affirmée.

Après des études de lettres et de philosophie à Beyrouth, Terdjan s’installe à Paris en 1949 grâce à une bourse du gouvernement français. Il y retrouve son amie Etel Adnan, alors étudiante à la Sorbonne, et fréquente les ateliers d’André Lhote, les cours de la Grande Chaumière, ainsi que l’atelier de gravure de Pierre Guastalla. Dans ces années décisives, il se lie également d’amitié avec l’artiste Nicolas Poliakoff et avec plusieurs figures intellectuelles du monde levantin installé à Paris.

Sa peinture, à la fois intérieure et lumineuse, développe un langage singulier où affleurent souvenirs d’Orient, méditation spirituelle et sens raffiné de la couleur. Paysages méditerranéens, horizons mentaux, figures silencieuses, architectures rêvées et formes transfigurées composent un univers d’une grande intensité poétique. Les critiques de son temps saluent en lui un peintre de la vie intérieure, capable d’unir ferveur orientale et modernité occidentale.

Exposé à Beyrouth, Alep, Paris et dans plusieurs institutions françaises, Joseph Terdjan participe notamment à plusieurs reprises au Salon d’Automne au Grand Palais, notamment en 1967 aux côtés de nombreux artistes internationaux parmi lesquels Joan Mitchell. Deux de ses œuvres sont par ailleurs entrées dans les collections de l’État français.

Longtemps demeuré discret dans les récits dominants de l’art du XXe siècle, Joseph Terdjan apparaît aujourd’hui comme une figure précieuse des dialogues entre Orient et Occident, entre exil et création. La redécouverte de son œuvre par La Galerie de la Main d’Or révèle un peintre d’une rare sensibilité, dont la fidélité à la lumière intérieure n’a jamais faibli.