Abbès SALADI (1950-1992)
Né à Marrakech en 1950, Abbès Saladi entreprend des études de philosophie à Rabat, qu’il doit interrompre en 1977 pour des raisons de santé. De retour dans sa ville natale, il se consacre entièrement à la peinture. Pour vivre, sa mère vend ses œuvres sur la place Jamaâ el Fna, où son talent attire l’attention du directeur de l’American Language Center de Marrakech, qui l’aide à organiser sa première exposition en 1978.
Le parcours artistique de Saladi fut aussi bref que lumineux. Il meurt à Marrakech en 1992.
Figure singulière de l’art marocain, son œuvre fascine par l’étrangeté de son imaginaire. Ses peintures inventent un langage visuel fondé sur la métamorphose et l’hybridation. Dans cet univers se déploie une mosaïque de motifs issus de l’imaginaire arabo-musulman — corps hybrides, zelliges, minarets — composés avec un trait minutieux et une profusion de détails. Ses tonalités subtiles et ses lavis translucides altèrent le réel, transformant les êtres plus encore que les choses, et ouvrent un monde fantasmagorique dominé par l’oiseau chimérique, symbole de liberté et de transcendance.
Guidé par un goût profond de la symétrie et du récit, Saladi compose un théâtre de métamorphoses où formes végétales, animales et humaines se fondent en un rêve continu.

